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      Guruvâyûr était recouvert d'une nuée épaisse de pèlerins en lunghi noirs, au point que la lumière de midi en avait perdu son éclat aveuglant. C'était, au début janvier, la dernière semaine avant Makarasankranti, moment de l’apparition du faisceau lumineux qui marque la fin du pèlerinage de Sabarimala. Les cars venus d'Andhra Pradesh et du Tamil Nadu occupaient des parkings entiers; des guirlandes fanées pendaient à leurs fenêtres, comme à celles des trains de toute la région. Le pèlerinage acquérait un rythme frénétique. Guruvâyûr, le plus grand temple du Kerala, constituait une étape quasi-obligatoire du périple qui allait mener les hommes en noir au temple de la montagne, le jour où la lumière de Makarasankranti apparaîtrait à leurs yeux émerveillés. Pour certains, hélas, le voyage était terminé : en travers de la route Guruvâyûr-Trichûr, gisaient sous la pleine lune une jeep et un mini-car de pèlerins, retournés, en miettes, qui furent laissés plus d'un jour entier à la méditation des excités du volant. Un peu plus loin, c'était un rickshaw qui avait fini là, ratatiné. Le journal, quant à lui, montrait encore un bus à l'avant écrabouillé, victimes en prime.

 

      Je remontais en zig-zag la rue qui menait à l'entrée est du temple  afin d'éviter les pèlerins qui fonçaient droit devant eux, à mille lieues d’imaginer la possibilité de rencontrer autre que leur semblable. Pourtant, évoluer parmi eux procurait une certaine aisance. Ce monde exclusivement masculin, qui en temps ordinaire n'aurait pas manqué de scruter l'objet féminin non-indien (OFNI) inattendu et de lui prodiguer leurs commentaires parfois grossiers, respectait scrupuleusement la loi d'abstinence du pèlerinage, jusqu'à ne prêter aucune attention au sexe opposé. Ouf ! De partout, fusaient des appels : "Swâmiyé !" Le pèlerin  n'a plus ni nom ni caste. Il est "swami" parmi les swami, et comme tous portent le même titre, il est souvent nécessaire de l’interpeller plusieurs fois avant que l'individu comprenne que c'est à lui qu'on s’adresse.

 

      La nuit, la rue était tapissée de corps endormis, comme l'était le sol de l'auditorium Melpattûr, en plein air, mais couvert d'un toit, où se produisaient souvent spectacles de danse, concerts et conférences. À l'intérieur du temple, régnait une confusion inénarrable. Car il fallait ajouter à la multitude compacte des hommes l'occupation de l'espace liée aux rites spéciaux dont s'accompagne le pèlerinage. Sur le bas-côté de la voie ambulatoire, des guruswami scellaient des noix de coco emplies de ghee et bénissaient les irumuti (besaces en tissu à deux poches portées sur la tête)  au milieu d'un cercle de pèlerins assis. Les trois éléphants ne pouvaient plus avancer de front. La cohue au portail du temple était aggravée par le rite de sortie à reculons... par l'entrée. Dans l'auditorium, durant tout le concert de nâgaswaram, on entendit scander le refrain Ayyappa, swamiyé sharanam, (« Refuge, refuge en Toi, Ayyappa ! »), qui se superposait à la musique sans paraître incommoder qui que ce soit. Les éléphants eux aussi semblaient imperturbables. L'excitation était d'ordre dévotionnel, même si la considération pour le divin semblait déclencher plus de bruit que de ferveur.

 

      Le pèlerinage de Sabarimala était devenu une gigantesque entreprise commerciale. Parmi les hommes qui avaient fait plusieurs fois la route du temple de la colline, nombreux étaient ceux qui déploraient l'omniprésence de la dimension commerciale. On baignait dans la marchandise, les rites étaient bâclés, les offrandes irrévérencieusement jetées dans de vastes poubelles au lieu d'être déposées au pied de l'idole, rapportaient-ils. Pour le personnel du temple, il s'agissait apparemment de gérer une multitude encombrante, sans grande considération pour le contenu éventuellement spirituel de leur démarche.

 

      À Guruvâyûr, aux heures de pointe, c'était un peu la même tendance. Le darshan (vision) de l'idole ne pouvait se prolonger plus d'une seconde, immédiatement interrompu par des employés du temple en lunghi jaune et écharpe bleue, vociférant, intimant sans aménité aux fidèles de circuler.

            

                                       ***

 

      Le rite du soir vient de s'achever dans la cour du temple. Les trois éléphants qui portaient parasols et éventails d'apparat pour accompagner l'idole de Guruvâyûrappan (Krishna) autour de son sanctuaire ont été déchargés de leur caparaçon frontal bosselé de plantes et de croissants de lune (qui neuf, qui onze) dorés – et s'en vont dormir, d'un pas rapide et allongé, pfouff, pfouff, de charentaises bien fourrées, leur mahout entre les oreilles.

 

      Krishna a été replacé dans sa chambre profonde, après avoir été fleuri, éclairé, encensé, déplacé tout le jour à l’intérieur de son sanctuaire. Sa journée s'achève avec cette promenade dans l'enceinte du temple, au cours de laquelle on lui offre un concert.

Quelques joueurs de nâgasvaram (sorte de hautbois,) accompagnés de percussionnistes de tavil (tambour horizontal trapu à son sec) devancent à pied, avec les deux rangées de porteurs de lampes et de flambeaux, les trois éléphants de sa suite. La petite idole en or, placée au bas du tidambu, (socle-dossier en forme d'ogive) est juchée sur l'éléphant du centre - le plus grand des trois, aux pattes élancées - et maintenue fermement par le prêtre brahmane assis derrière elle, un épais cordon rouge en travers du torse. Un deuxième brahmane l'abrite d'un parasol d'apparat, un troisième et un quatrième, assis à l'arrière, se lèvent aux temps forts de la musique pour brandir et mouvoir, l'un, deux éventails ronds garnis de plumes de paon sur le pourtour, l'autre, deux chasse-mouches en poil de yack, à manche d'argent. Trois porteurs de ces mêmes insignes royaux occupent chacun des deux éléphants qui entourent l'idole.

En chaque point marquant une des huit directions de l'espace et la présence d'une divinité à honorer (une fois au Sud, une fois au Sud-ouest, quatre fois sur le côté Ouest et deux fois encore à l'Est – me semble-t-il), le cortège s'arrête. Les porteurs de lampe déposent celle-ci au sol, devant les éléphants, les porteurs de flambeaux arrosent d'huile leurs multiples manchons. Les musiciens embouchent leurs instruments pour interpréter un nouveau râga, associé à la direction de l’espace et à la divinité qui y préside. Les dévots se prosternent, front à terre, face à leur divinité d'élection. Ce concert se termine là où il a commencé, face à la porte principale du sanctuaire, plein Est.

Nâgasvaram et tavil sont aussitôt relayés par un ensemble de kombu (longues trompes) et de chenda (tambour vertical à cannes) qui précèdent d'un pas rapide, presque à la course, le seul éléphant portant l'idole pour un dernier tour du sanctuaire, cette fois sans s'arrêter. Le tour conclu, il s'agenouille pour laisser descendre l'idole, que le prêtre emporte contre sa poitrine vers le fond du sanctuaire.

 

      Ainsi se déroule le rite quotidien. Mais aux jours les plus fastes du calendrier, telle la dernière des neuf nuits de Navarâtri, les éléphants sont cinq, de front partout où la largeur de la cour le permet. J'y ai assisté pour la première fois dans l'émerveillement. Les parasols étaient décorés de flammes et de lampes. Un panchavâdyam (ensemble de percussions et de kombu) d'une quarantaine de musiciens donna un concert de plusieurs heures, suivi par un ensemble de nâgasvaram, puis par les kombu et les chenda habituels. D'autres musiques éclataient simultanément, venues de sanctuaires annexes, de celui de Bhagavati, surtout. Les mahouts veillaient d'un peu plus près que d'ordinaire à l'humeur des éléphants dont ils avaient la charge. C'est souvent au cours de ces rites fastueux (mais sans doute aussi fastidieux pour eux) et de longue durée, au milieu du bruit et de la foule, que les pachydermes perdent patience. Plus d’un fidèle a été témoin ou a entendu parler de la fureur subite d'un animal brisant les chaînes qui reliaient ses pieds et se ruant sur les spectateurs lors d’un festival de temple, causant mort d'homme. Deux mahouts encadraient chaque éléphant. Celui de l'extérieur donnait quelques signes d'impatience. Pour le pacifier, le cornac appuyait, de la main, en quelques endroits précis des pattes afin que celles-ci se replacent en bon et calme équilibre sur le sol. Il faisait appel à la science traditionnelle des marma, des points vitaux, que les guerriers doivent eux aussi connaître. Parfois aussi, il s'asseyait adossé à la patte avant de l'animal. La longue station debout, immobile, semblait pénible aux pachydermes qui déportaient parfois le poids du corps sur le côté, pour s'appuyer contre leur congénère. De temps à autre, ils expulsaient, par un long pénis pendant presque jusqu'à terre, des torrents d'urine, ou lâchaient, du haut de leurs deux ou trois mètres, de gigantesques boules de crottin qui s'écrasaient au sol en éclaboussant les alentours. Aussitôt le personnel du temple intervenait avec pelles et brouettes pour évacuer les excréments. On jetait ensuite, pour nettoyer, force seaux d'une eau qui s'écoulait par les multiples canaux pratiqués dans la pierre à cet effet.

 

      Parfois, pour les besoins du rite, ou pour laisser se reposer les éléphants, le mahout garait le sien entre deux colonnes du péristyle et lui donnait à manger quelques palmes d'irumpana (Caryota urens). Faire entrer deux pachydermes dans le même intervalle était un peu plus délicat, véritable exercice de conduite avec braquage et marche arrière. La bonne volonté de ces créatures semblait inépuisable, et le système de communication établi entre eux et leurs mahouts fonctionnait parfaitement. Je me demandais pourtant ce qui poussait ces géants à se prêter à toute cette gymnastique. Je ne pouvais m'empêcher de sourire en voyant, au début du rite, l'éléphant lever la patte arrière en manière d'ascenseur pour hisser les brahmanes qui s'apprêtaient à monter sur son dos et, le rite terminé, les mêmes brahmanes glisser le long du toboggan improvisé de sa croupe, puis prendre pied sur sa patte arrière repliée à leur intention, avant de sauter au sol.

 

      Lorsqu'on lui a enlevé son épaisse garniture frontale, et qu'il se retrouve en quelque sorte nu, libéré de la chaîne qui entravait ses pattes avant, il faut voir de quelle allure allégée et rapide le pachyderme prend, en sens inverse du parcours rituel, le chemin de sa résidence. Il vole presque, silencieusement, telle une plume, parcourant deux mètres à chaque pas, heureux, trompe enroulée autour d'une défense, et l'on ne sait plus qui, de lui ou du mahout juché sur son cou, guide l'autre vers ses appartements. Lorsque le grand éléphant central, le dernier à quitter son service, s'est éloigné de ce même élan sur ses hautes pattes, l'espace est livré à la geste de Krishna, la voie reprise par les spectateurs et les dormeurs. Assis, couchés, les pèlerins, les dames âgées quotidiennes, quelques curieux, quelques lettrés studieux, texte en main et lunettes sur le nez, s'emparent du pavé pour siège.

 

                                     ***

 

Le Krishnanâttam n’a pas la visibilité du Kathakali, son glorieux héritier. Il ne sort que peu fréquemment du temple de Guruvâyûr, pour être joué dans quelques autres sanctuaires et maisons de particuliers plus rares encore. C’est à peine si l’on connaît le nom des chanteurs, des acteurs. Le star-system n’y a pas cours, le sens de la représentation est minimal. On joue à même la pierre du temple, et les spectateurs, assis devant la haute lampe de cuivre qui seule marque la limite de la “scène”, sentent un peu le pipi d’éléphant quand ils se relèvent.

 

Chaque année, au mois d’octobre, on donne soir après soir la série complète des épisodes du Krishnanâttam dans leur succession : Neuf nuits de ce théâtre dansé qui emporte au cœur d'un mythe joyeux, peuplé de femmes, d'enfants adorés, de rondes autour du feu, de sourire, exsudant une vie fraîche et simple.

 

Vishnou, le grand dieu qui rêve et qui émet le monde, s'incarne pour la huitième fois pour répondre à la prière désespérée de la Déesse-Terre qu’épuise le poids de rois iniques et démoniaques. Huit soirs d’affilée, le Krishnanâttam relate un épisode du passage de Krishna sur terre.

Le premier (Avatâram) met en scène sa naissance et sa petite enfance; les suivants, ses combats, ses jeux amoureux, ses épousailles - les femmes qui tournent autour de lui comme les danses autour du feu symbolisent le multiple dans sa quête de l'unique, représenté par le jeune dieu à la flûte -, ses exploits, ses enseignements.

Le huitième soir, tué d'une flèche au talon par un chasseur, il retourne fusionner en Vishnou dont il émanait, et l'on est alors témoin de la vision indienne au-delà de laquelle il n'est plus ni nom, ni forme, ni limite. Vision ultime, où l’on a versé toutes les couleurs, toutes les flammes (cinquante lampes et plus, brûlant au ghee), toute la douceur, la beauté et la paix de l’idéal. Vishnou repose dans son paradis en compagnie de son épouse Lakshmi et des autres dieux. Les conques résonnent, les chanteurs et les joueurs de tambour, assis pour une fois au sol, devant les lampes, chantent, cette fois sans micro, sa louange. Rien dans cet épisode de mort à la vie terrestre n'inspire la tristesse. Tout est fait, au contraire, pour replacer ce passage dans la réalité sans fin qui le contient.  Krishna, lui-même, sachant que son séjour terrestre va bientôt s'achever, a dispensé dans la scène précédente à son disciple Uddhava, éploré, l'enseignement par lequel on accède à la conscience de ce que la séparation a d'illusoire.

 

      Les huit soirs écoulés, un neuvième leur succède, car tout ce qui finit n'est que commencement en germe, prémisse d'un nouveau cycle, et l'on rejoue Avatâram : de nouveau Krishna apparaît à ses parents éblouis paré des attributs de Vishnou qu'il incarne, de nouveau il apprend à marcher, ouvre grand la bouche pour révèler à sa mère adoptive Yashoda tous les univers qu'elle contient, vole le beurre et se fait tour à tour cajoler et vilipender par les villageoises. C'est ainsi que s'achève, dans les danses autour de la lampe, le cycle annuel de Krishnanâttam.

 

      Les autres soirs, l’épisode ne suit pas forcément l’ordre du texte de la Krishnagîti. Le commanditaire, un dévot qui, pour 800 roupies (en 1990 : un salaire de petit employé) fait jouer la pièce grâce à laquelle il espère obtenir une faveur ou simplement manifester sa dévotion, reste souvent un instant debout, derrière la scène, à discuter avec les acteurs. On offre Avatâram, la naissance de Krishna, pour engendrer un enfant; Kâliyamardanam, sa victoire sur le cobra venimeux aux multiples têtes, pour contrecarrer les effets du poison; Rasakrîda pour mettre fin à la discorde des couples; Kamsavadham, qui voit la mise à mort du roi cruel acharné à détruire Krishna, pour éliminer les ennemis. Dans Svayamvaram, Krishna épouse plusieurs femmes, c'est donc un épisode favorable au mariage. Dans Bânayuddham, Krishna, aidé de sa belle épouse Satyabhâma, vient à bout du démon Narakâsura et de plusieurs autres difficultés, d'où l'efficacité qu'on lui prête à induire le succès de toute entreprise. La septième pièce, Vividavadham, est donnée pour acquérir de la richesse, car elle contient l'épisode dans lequel le vieux Kuchela, misérable, est couvert de bienfaits par son ami d'enfance Krishna. Et Svargârôhanam, l'ascension de Krishna au  "paradis" après sa mort terrestre et sa réintégration en Vishnou, apporte le repos de l’âme à un défunt.

 

                                       ***  

 

Le Krishnanâttam a été le premier des théâtres keralais à faire figurer deux chanteurs sur scène, qui accompagnent le jeu et les danses des acteurs, scandant les sloka et les pallavam de la Krishnagîti. Le second répète la ligne énoncée par le premier, le ponnani, selon les râga de la musique Sopana, qui dérive de plus en plus vers les modulations carnatiques du Kathakali. Mohan, cependant, se prêtait peu à cette évolution. Sa particularité, c'était de brûler en chantant. Il m'évoquait les gitans qui crépitent à gorge tendue de toute l’âpreté du flamenco. Il lançait les versets du mythe comme on jette des branches dans le feu pour le nourrir, avec puissance, avec élan. Même pour dire la tendresse envers un enfant, il gardait le grand souffle des commencements cosmiques, et voilà que cette tendresse devenait sacrifice, offrande immémoriale. Ses phrases ne perdaient aucune force en touchant à leur fin, et parfois sa voix s’écrasait net, dans un coup de glotte, pour en terminer. Il jetait dans son chant toutes ses branches. Il ne souriait jamais, sérieux comme un bélier. Mais quand il levait la tête pour faire plus de place à la résonance, sa bouche, autour de la voix offerte, était celle d'un oisillon extasié qui aurait reçu sa pitance du ciel. Rien ne lui faisait pourtant perdre son rythme d'aurige. Conducteur du mythe et pas moins, maître de la scène, il tenait fermement les rênes du gong et du chant, contrôlait d'une frappe infaillible l'allure de la danse et du geste.

 

                               ***

 

Kâliyamardanam.

La voix de Mohan brûlait. Les bouviers Yâdhava s’émerveillaient des grâces divines de l'enfant Krishna. Pendant ce temps, derrière l'espace non délimité dévolu à la scène, des lapins broutaient avec enthousiasme les feuilles de l'arbre auquel Krishna, un moment plus tôt, avait accroché les vêtements des Gopi alors qu'elles se baignaient dans la rivière. Le tableau terminé, on avait jeté sans cérémonie la grosse branche feuillue sur la pierre du temple dont les hôtes permanents, les lapins blancs, beiges ou dominos, cabriolaient à qui mieux mieux autour de l'aubaine.

      Leur appétit n'aurait pourtant su venir à bout d'une telle quantité de feuilles et l'on put aisément en arracher une poignée pour la recycler aussitôt en élément du jeu. Elles seraient tenues un long moment d’une main ferme par l'enfant-acteur pour figurer le mont Govardhana que Krishna soulève au-dessus de sa tête afin d'abriter sous sa base tout le village des pluies torrentielles déclenchées par la colère d'Indra.

 

                                      ***

 

La bhakti est le sentiment dominant et la raison d’être du Krishnanâttam. C’est dans l’épisode Kâliyamardanam  de la Krishnagîti que l’on trouve les lignes sanskrites qui disent le mieux son importance primordiale : il s’agit, en fait, d’un véritable manifeste de la dévotion. 

 

Bhaktimapahâya yo bhodhamabhilashati 

tushahanturiva hanta phalamasya soka:

Nityamapi niscalâm tava tu padapankaje

Bhaktimevâyamabhilashati budhaloka:

 

"Sans regard pour la dévotion, celui qui n’aspire qu’à la connaissance

Son fruit, hélas, quel est-il ? Tel celui qui pile du riz la balle au lieu du grain, la douleur, seulement.

Quant aux êtres conscients, c’est à tes pieds de lotus une dévotion sans faille

Qu’ils appellent sur eux pour toujours."

 

 

 

 

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  • : Le blog de Dominique Vitalyos, traductrice littéraire du domaine indien (de l'anglais, du malayalam, de l'indonésien en français), keralaise à mi-temps
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  • Il s'en faut de peu que l'on n'ait été quelqu'un d'autre. 
J'ai laissé ce qui m'arrivait guider mon cours
et la vie m'a appris que Pseudosapiens s'était trompé : c'est la peur qui motive l'écrasante majorité de ses actes depuis les origines.
  • Il s'en faut de peu que l'on n'ait été quelqu'un d'autre. J'ai laissé ce qui m'arrivait guider mon cours et la vie m'a appris que Pseudosapiens s'était trompé : c'est la peur qui motive l'écrasante majorité de ses actes depuis les origines.

Texte Libre

Merci à Olivier Dion/Livres-Hebdo pour le portrait de l'avatar


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