Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 13:27

 

 

 

 

Certains mots devraient exister – encore

Certains mots devraient exister – déjà

 

 

Novateur, le traducteur ? Je ne sais pas. Il faudrait suivre le devenir de ses mots pour le dire. Mais à coup sûr créateur, créateur éphémère, alors pourquoi pas d’une langue plus riche chaque fois que la nécessité s’en fait sentir ?

Parce qu’un écrivain peut tourner autour du mot (absent), la tentation d’inventer ne se présente sans doute pas aux mêmes moments. Il peut changer de musique à son gré, de rythme quand il veut, aimer et faire aimer les périphrases à volonté. Le traducteur tient la voix de l’auteur entre ses mains, explore son espace et rien que lui, compense bien sûr, mais mesure, mesure, mesure.

 

 

Alors la tentation du mot juste à faire exister, du mot injustement forclos, du mot qui dort dans l’imaginaire…

 

Conservateur, sans doute, de tout ce patrimoine linguistique, mais plus encore rénovateur. Parce qu’il fait rejaillir et perpétue tout ce qui a fait le style à travers les âges pour faire chanter sa langue au plus près de celle qui l’inspire.

 

Traître ? Le plus souvent à lui-même, n’en déplaise à l’adage. Sauter le pas de se trahir : je l’aurais écrit autrement et pourtant je maintiens, c’est l’auteur qui parle à travers moi. La langue du livre traduit n’est pas la langue telle que je la parle en mon nom Dans ce décalage se situe la spécificité du traduit.

 

Mots réhabilités : 

 

autrice

 irremplaçable, voir l’article

 

fortitude

Il existait en français, il existe en anglais (fortitude), en italien (fortitudine) et j’en passe.  Il est irremplaçable : force d’âme, c’est trop de pathos.

 

Mots sortis de l’œuf :

 

intouché  (par)(donc intact) : le préfixe de négation est correct (intact, intouchable), le positif touché existe. Et intouché comblerait un vide. Car laissé intact implique que le choix de toucher ait été là et ne convient pas aux agents abstraits (ex : intouché par le drame).

 

DSCN2278                                                            chablutions matinales


pataouiner  (hors traduction) :  Amalor Jean emploie pataouiner pour pétrir de ses griffes, concernant un chat. J’adopte.

 

 

(à suivre)

Par Chakori - Publié dans : le choix des mots
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  • : 19/05/2008
  • : Le blog de Dominique Vitalyos, traductrice littéraire du domaine indien (de l'anglais et du malayalam en français), keralaise à mi-temps

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  • Chakori
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  • Il s'en faut de peu que l'on n'ait été quelqu'un d'autre. J'ai laissé ce qui m'arrivait guider mon cours et la vie m'a appris que Pseudosapiens s'était trompé : c'est la peur qui motive l'écrasante majorité de ses actes depuis les origines.

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